lundi 3 janvier 2011

[Chronique] Wolf Guy vol.1



Les loups-garous sont depuis toujours un sujet propice à toutes les déclinaisons. Que cela soit en films, en séries ou romans, on en mange à toutes les sauces depuis des années. Passant du sérieux gore et tragique, à de la comédie burlesque parfois insipide. Il ne manquait plus que le manga, du moins chez nous, pour avoir accès à une vision (pourquoi pas?!) différente du mythe du point de vue japonais.

Wolf Guy, nouveau titre de la collection Young de chez Tonkam (et adaptation de la série de roman éponyme), nous plonge dans le monde des loups-garous qui pour nous simple mortel reste irréel ou issu du folklore.

La loi du plus fort

Un soir, alors qu'elle rentre chez elle, la jeune professeur Mlle Aoshika croise la route de Akira bientôt pris à partis par une bande de voyous. Sans avoir le temps de comprendre ce qu'il se passe, Akira se débarrasse de tous ses adversaires avec une facilité déconcertante. Le lendemain, qu'elle ne fût pas la surprise de Mlle Aoshika de voir débarqué dans sa classe un nouvel élève qui n'est autre qu'Akira.

Assez brute de décoffrage, Akira (Wolf de son surnom) ne s'embarrasse pas de convenance et fonce dans le tas de façon bestial et s'en emprunt du moindre remord. Il faut dire que le personnage se place au dessus du lot (de la meute?!) en trouvant la race humaine abject et sans intérêt. Un constat radical et sans espoir de changement tout du moins de son point de vue. Pour lui les humains sont dans l'ensemble mauvais et sales, pas de distinction, tous le monde ce retrouve ici dans le même panier. Une opinion tranché qui est peut-être lié à un passé douloureux subit par la race humaine. Une cohabitation humain/loup-garou étant difficilement envisageable vu la peur des hommes de ce qu'ils ne connaissent ou ne maîtrisent pas.



Surhomme et sauvage, il allie force et dextérité les soirs de pleine lune se transformant en une bête assoiffé de sang. S'amorce alors une lutte en plein milieu de la jungle urbaine ou la loi du plus fort est ici incontestable. Manger ou être manger telle pourrait être la devise de ce milieu. Mais face à Wolf difficile de l'emporter tant l'homme est fort et violent. Mais au fond que recherche-t-il ? On pourrait croire que ce battre reste le centre névralgique de sa vie, mais au final il n'aspire tout simplement qu'à une vie normal....du moins c'est ce que l'on soupçonne. L'aura qu'il dégage dû à son statut de loup-garou, son côté «animal» qui transpire par chaque pore de sa peau font que les pires voyous de son école, mais aussi de la ville, cherche tout simplement à se battre contre lui pour le mettre hors d'état de nuire. L'attraction animal qu'il dégage montre qu'il est le mâle dominant, la meute (les voyous) cherchent à défier le plus fort pour défendre leur territoire et garder (ou prendre) le pouvoir.

Nanti d'un graphisme sauvage et dynamique, j'entends par là des traits épais et gras, un découpage rapide des scènes de combat, Wolf Guy reste un titre tout bonnement prenant une fois la lecture commencé. On peut dire que les personnages prennent carrément vie au détour de chaque case. Mais celui qui se démarque du lot n'est autre que Wolf dont le charisme transpire à chaque apparition. Que cela soit par un dessin mature ou dans le découpage des planches, nous sommes clairement face à un titre seinen à destination d'un public adulte loin des codes inhérents au genre shojo ou shonen.



Des combats puissants, une ambiance survolté, font de ce titre sombre une relecture du mythe de toute beauté. Evidemment, premier volume oblige, l'intrigue ce mets en place doucement tout au long de ce tome et les différents personnages s'installent progressivement. Reste a voir si l'auteur confirme l'essai dans le 2ème volume de Wolf Guy. Avec, on l'espère, une trame de fond un peu plus conséquente en nous montrant par exemple le passé de Wolf et la façon dont il est devenu un loup-garou. Mais au vu de l'oeuvre précédente de l'auteur (Akumetsu chez Taifu Comics), je suis plus que confiant sur le développement futur de l'histoire.

En Conclusion

Un petit point sur l'édition car l'emballage est aussi important que le contenu. Comme souvent avec l'éditeur Tonkam, nous avons droit ici à une édition de qualité. Papier épais, couverture légèrement gaufré et visuel attrayant font tout de suite envie avant même la lecture du synopsis. Il est appréciable que la qualité du papier reste égal d'un titre à l'autre comparativement à certains autres éditeurs. En ce qui concerne la traduction je la trouve de très bonne facture, même si il est difficile de faire une comparaison avec la version originale ne pratiquant pas la langue. Une bonne édition à un prix tout à fait correct.

Wolf Guy est un titre fort et prenant, qui nous une offre une nouvelle vision du mythe du loup-garou de façon brutal et violent mais avec un plaisir jouissif non dissimulé. Une oeuvre ou l'espoir et la rédemption n'est pas de mise. Un futur classique sans aucun doute.

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